Les hommes gris sont parmi nous !!! Qui sont-ils ? Combien sont-ils ? De quoi vivent-ils ?

Ce ne sont pas des zombies. Ils seraient plutôt proches de l’homme invisible. Les hommes gris, ce sont ces milliers de citoyens disparus des écrans radars de la sécurité sociale.

Depuis 2015, et la décision de 2012 du gouvernement Di Rupo de limiter à 3 ans les allocations d’insertion (chômage basé sur les études), plus de 40 000 personnes ont été exclues des bénéficiaires de l’ONEM (chiffres ONEM de 2015 à 2017 : 43 282).

En janvier 2015, le gouvernement Michel a décidé de rabaisser l’âge d’ouverture aux allocations d’insertion à 25 ans. Compte tenu du stage d’attente de minimum un an, cela signifie qu’ils faut terminer ses études avant l’âge de 24 ans. Là encore, ce sont des milliers de jeunes qui sont exclus ou plus exactement qui n’entrent plus dans le système. En septembre de la même année, le même gouvernement Michel, a imposé des conditions de diplôme aux jeunes entre 18 et 21 ans. De nouveau, ce sont des milliers de jeunes pour qui les portes de la sécurité sociale ne s’ouvrent pas. (Rapport ONEM 2017 : en 2017, le flux entrant est deux fois moins important qu'en 2013. Entre 2014 et 2017, on est passé de 28 243 bénéficiaires pour la première fois aux allocations d’insertion à 16 541).

Depuis 2016, le contrôle absurde et zélé de la disponibilité des chômeurs sur le marché de l’emploi, compétence transférée au FOREM, a infligé 28 403 sanctions financières, dont 2879 exclusions définitives (chiffres ONEM sur 2016 et 2017).

Dans le même temps, le nombre de bénéficiaires du CPAS a augmenté de plus de 25% en Wallonie (on est passé de 73 136 RIS – revenu d’intégration sociale - en 2014 à 93 518 en 2017. Source : SPP Intégration sociale). Rien que pour les jeunes entre 25 et 34 ans, leur nombre a progressé de 25 365 à 34 631 entre janvier 2015 et janvier 2018 (source SPP Intégration sociale). Un simple changement de caisse qui n’a en rien résolu leur situation mais qui fait reposer la responsabilité sur les communes.

Mais tous n’ont pas eu droit, ou n’ont pas fait valoir leur droit, au CPAS. Dans un rapport de 2015, l‘ONEM estimait à 45,6% le nombre de chômeurs exclus ayant disparu des statistiques : ils ne sont ni au CPAS, ni sous mutuelle, ni à l’emploi, ni en formation… ils ont disparu des écrans et sont devenus presqu’invisibles. De quoi vivent-ils ? De la solidarité familiale ou amicale ? Personne ne le sait.

C’est pour dénoncer ce drame social silencieux que les militants TSE (Travailleurs Sans Emploi) de la CS Mons-La Louvière seront présents pour une action symbolique le mardi 27 novembre sur le marché de Cuesmes à partir de 9h30 :

Pour que les hommes gris sortent de l’ombre.

Pour que les gouvernements, fédéral et régional, prennent la pleine mesure de ce phénomène et prennent réellement en charge ce public.

Pour que les mesures d’exclusions soient purement et simplement supprimées.

Pour que les autorités s’attaquent concrètement au chômage et non plus aux chômeurs.

Parce que chacun a le droit constitutionnel de vivre dans la dignité.

Parce que la « La mesure d'une société se trouve dans la manière dont elle traite ses citoyens les plus faibles et les plus démunis » (Jimmy Carter).

Infos pratiques : Marché de Cuesmes, mardi 27 novembre à partir de 9h30

Plus d’information : Frédéric VISEUR, Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.