Il est temps de remettre les NEETS l’agenda politique !

« Un jeune wallon sur 6 n’est ni à l’emploi ni en formation ». Ce constat cinglant est sorti dans la presse ces derniers jours et a trouvé un écho dans le monde politique et médiatique.

Une actualité en chassant une autre, demain, on ne parlera déjà plus de ces oubliés de notre société…

En plus de n’être ni à l’emploi, ni à l’école, ni en formation (Not in Employment, in Education or Training), ces NEETs ont un parcours souvent parsemé d’embuches. Peu de qualification, désocialisation, problèmes d’ordre financier, problématiques liées au logement, difficultés liées à la mobilité… autant d’obstacles rencontrés par ces jeunes avant d’accéder à l’emploi. Cependant, force est de constater que les pouvoirs publics remettent en question les aides apportées aux projets porteurs de sens et de résultats auprès de ces jeunes NEETs. De plus, si le travail est une condition nécessaire à l'intégration de ces jeunes, le travail, il n'y en pas pour tout le monde et encore moins dans notre région! Les mesures mises en place par les gouvernements fédéral et wallon ne vont au contraire que dans le sens de la précarisation des jeunes et de leurs conditions de travail.

Au tableau des horreurs :

-les starters jobs : diminution de 18% du salaire des jeunes entre 18 et 21 ans pour favoriser la création d’emploi chez les jeunes. Bilan : un coût de 78 millions d’euros pour la sécurité sociale pour 670 postes potentiellement créés. Cela correspond à un brut mensuel de 8400€…
- contrôle accru des étudiants bénéficiant du revenu d’intégration avec sanctions pour les CPAS qui n’excluent pas suffisamment de jeunes étudiants. 5 millions d’euros d’économie planifiée sur les jeunes les plus vulnérables qui ont besoin de ce revenu pour réussir leurs études et s’intégrer dans le monde du travail.

- Abaissement à 25 ans de la limite d’âge pour terminer son stage d’insertion mettant en difficulté des milliers de jeunes chaque année. Autrement dit, obligation de terminer ses études avant 24 ans sous peine d’être condamné à être un Tanguy.

- Jobs étudiants de plus en plus flexibles et de plus en plus concurrentiels pour le travail salarié (autorisation du travail le dimanche pour les – de 18 ans à partir du 1er janvier 2018).

C'est notamment suite à ces constats qu'est né le projet « Coup de Boost », un dispositif créé à l’initiative des organisations syndicales (CSC et FGTB) et du Forem. La particularité du projet est d’allier entretiens individuels, activités collectives et « libre-service », à l’image du dispositif des cellules de reconversion. Les expertises des trois partenaires sont complémentaires, tantôt liées aux droits des jeunes, à la résolution de situations difficiles, tantôt liées à la concrétisation de leur projet professionnel ou à la remobilisation et la rupture de l’isolement. Et c'est aussi grâce à ce partenariat que se mettent en place des projets de formations, que des jeunes s’émancipent, qu'ils prennent conscience de leurs compétences, les renforcent à travers la pratique de stage et obtiennent enfin un contrat de travail.


Tous les jours, des bénévoles, des travailleurs sociaux, des permanents syndicaux travaillent avec ces jeunes afin de leur amener des solutions avec des moyens de plus en plus réduits.

Il est temps, à l’aurore des élections que nous vivrons en 2018 et 2019, que les politiques prennent à bras-le-corps des mesures structurelles pour l’emploi des jeunes ainsi que leur qualité de vie.

Contacts et infos :

- Nicolas Dumont : Permanent Interprofessionnel CSC Mons-La Louvière en charge des Jeunes CSC : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

- Coraline Bracaval : Accompagnatrice sociale en charge des Neets SOS DEPANNAGE : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.