Le chômage baisse ! Poisson d’avril…

Il y a un peu moins d’un an, les TSE (Travailleurs Sans Emploi) de notre fédération dénonçaient déjà la soi-disant baisse du chômage. https://www.facebook.com/csc.monslalouviere/posts/785307984937842

A l’approche du 1er avril de l’année suivante, la « blague » est toujours malheureusement d’actualité. Nous partageons donc l’analyse de Thierry Bodson (FGTB wallonne), ce matin sur La Première - RTBF, qui souligne l’impact des exclusions, 37.000 sur deux ans, sur ces chiffres et la grande précarité des quelques « jobs, jobs, jobs » créés.

Par contre, nous ne partageons pas sa défense implicite de la ministre socialiste Eliane Tillieux dans le cadre du transfert aux régions de la compétence du contrôle des chômeurs. Certes, le Forem est un peu moins « dur » que ne l’était l’ONEM. Mais cette baisse est plus que relative.

Tout d’abord, rappelons quand même que, dans le cadre du contrôle des allocataires, les preuves de recherche d’emploi de près de 4 chômeurs wallons sur 10 sont jugées négativement, plus encore dans notre région de Mons et La Louvière qui est bien connue pour avoir un marché de l’emploi peu florissant… Ces évaluations négatives débouchent pour la moitié sur un avertissement, c.-à-d. le premier échelon dans la gradation des évaluations négatives, et non sur une sanction financière stricte. La diminution du nombre de sanctions s’explique donc en grande partie par le fait que le Forem n’a débuté cette procédure que le 1er janvier 2016 et que ces avertissements sont malheureusement des sanctions en devenir. Par ailleurs, dans le cadre de la dispo passive, plus spécifiquement le contrôle de la candidature effective du demandeur d’emploi à une offre envoyée par le Forem en courrier simple, l’institution wallonne fait au moins aussi bien que l’ONEM en infligeant une sanction dans plus de 80% des cas.

Ensuite, nous ne partageons pas l’analyse de M. Bodson qui explique la diminution des sanctions par un meilleur accompagnement du Forem-conseil. Comme le soulignait un récent audit externe de l’institution (« Un mauvais bulletin pour le Forem entre 2011 et 2016, Le Soir 4/03/17 »), les prises en charge, les accompagnements individualisés, les mises en formation ou à l’emploi sont en diminution depuis 5 ans… Force est de constater sur le terrain que le contrôle des chômeurs en Wallonie et sur la région de Mons-La Louvière est loin de ressembler au tableau idyllique que la ministre Tillieux brossait avant le transfert : « Le contrôle de la disponibilité des demandeurs d’emploi n’a de sens que si l’accompagnement des demandeurs d’emploi, en termes de conseils et de suivi personnalisés, de possibilités de développer leurs compétences professionnelles et leur employabilité, d’acquérir ou d’augmenter leur expérience professionnelle, est au rendez-vous »…

Une autre citation de la ministre, datant de la même époque, prend aujourd’hui une couleur particulière : « il faut adapter le contrôle aux spécificités et aux réalités de la demande d’emploi en Wallonie et ce, bien entendu, sans tabou sur les personnes qui abuseraient de leur situation ». Selon la ministre et les procédures absurdes mises en place par son administration, 4 chômeurs wallons sur 10 seraient donc des « abuseurs » du système… De quoi rendre jaloux la NVA qui s’étonnait, après la publication des chiffres de l’ONEM, du peu de sanctions appliquées en Flandre par rapport au bon élève Forem en Wallonie…

Contact : Frédéric Viseur, Permanent Interprofessionnel, CSC Mons – La Louvière.